Week end dans le parc de la Gaspésie - 21/22 septembre

Il fait chaud ce week end. Sylvain nous accorde notre samedi, habituellement travaillé, pour que nous puissions nous rendre dans le parc de ka Gaspésie. Mais comme nous lui annonçons notre décision de partir quelques jours plus tôt que prévu, et pour  l'arranger, je peins les murs du nouveau garage ce matin. Puis, il nous dépose à l'entrée de la 299 qui coupe la Gaspésie du nord au sud en son centre. Sur cette route d'une centaine de kilomètres, il n'y a aucun village, seulement des rivières et des montagnes.


Donc il n'y a pas foule et ce sont surtout des pick-ups qui s'engagent vers le nord. Ils se sont toujours trouvés moins enclin à nous transporter. On se relaie, vigilants, surveillant les voitures qui quittent la 132.  Un pick-up se stoppe 15 mètres derrière nous. On enfile vite nos sacs et on sprinte. Les chauffeurs parlents anglais, ils peuvent nous avancer mais on ne comprend pas bien jusqu'où. Les sacs sont balancés à l'exterieur derrière la cabine et on est parti. More et Eric sont des amérindiens de Gespapegiag, commune indienne voisine de Maria. Ils sont collègues (menuisiers) mais aussi meilleurs amis depuis leur rencontre il y a quelques mois. Ils se promènent en voiture en buvant une bière. Comme il n'en n'ont pas assez pour nous, ils retournent en arrière et quelques minutes plus tard on déguste une canette fraiche. La route est magnifique, c'est la représentation typique que l'on se fait du Canada : la rivière Cascapédia  coule sur notre gauche et nous sommes entourés de montagnes rouges, jaunes, violettes, vertes. Dans la voiture, on rigole et chante. More fait un arrêt afin que l'on puisse approcher la rivière. Eric nous met au défi de lancer des cailloux de l'autre côté de la rivière et donc, pendant  5 minutes, on lance des cailloux comme des gosses. De nouveau sur la route, More réalise qu'elle est sur la réserve, ce qui peut être problématique sur cette route. Mais Eric et confiant, il sait qu'il y a une station service un peu plus loin. Et il a raison, au beau milieu cette route déserte, il se trouve une maison avec une pompe, où pour actionner l'essence, il faut au préalable faire signe de présence par talkie walkie. More et Eric nous laissent là, ils nous ont déja bien avancé.
Eric and More

Alors que je me suis écarté pour faire pipi, une voiture s'arrête loin d'Elouan, puis fait une longue marche arrière sur la route pour nous prendre. C'est un chasseur de la côte nord (du Saint Laurent) qui nous amène jusqu'à l'entrée du parc. On se renseigne : c'est un SEPAQ (Parc Provincial du Québec) et les droits d'entrée sont chers et il n'y a pas de possibilité de dormir gratuitement comme au parc Forillon. On repère sur la carte un site de camping à 15km de marche. Il est 14h passé... C'est parti !
On marche 8km sur une route et on tombe sur ... un parking ... qui offre un accès facile au glacier et au cirque du lac aux américains. On aperçoit également sur notre gauche le mont Xalibu que l'on doit gravir.
Le  lac aux américains

En haut, on découvre une vue imprenable sur les montagnes gaspésiennes, et c'est encore plus beau avec le soleil couchant. Sur le site de camping, il y a quatre emplacements, enfin des plateformes en bois,  et quatre tentes déjà installées. C'est une marcheuse texane qui n'a pas réservé de nuit et nous partageons donc notre terrai  avec elle. Elle dort à  la pleine étoile et Elouan décide de faire pareil.



Elouan surplombe le lac aux Américains
Du mont Xalibu au site de camping

Quelques étoiles filantes plus tard, réveil et départ. Au petit déjeuner : ascension du mont Jacques Cartier, deuxième plus haut mont du Québec. En vrai c'est pas grand chose, juste 1270 mètres. Sur la fin de l'ascension, alors que nous foulons de petites baies rouges au sol, on aperçoit sur notre droite des caribous. Quatre : le père, la mère, et deux petits. Ils nous observent attentivement mais ne fuient pas. Nous restons 20 minutes sous un vent soutenu, à 50 mètres environ. Puis nous montons à l'observatoire on l'on retrouve notre amie texane qui joue de la flute à bec devant un feu.
 
Notre caribou

En redescendant, nous croisons les premiers marcheurs qui gravissent la montagne en espérant observer des caribous. Ils sont une cinquantaine à avoir été déposé par une navette en bas de la montagne. Arrivés au parking, nous nous rendons compte que nous sommes à 30km à pieds et à 45km en voiture de la 299. Nous allons donc devoir attendre que les marcheurs croisés plus tôt redescendent et reviennent par la première navette qui arrivera dans deux heures.
Il faut alord espérer que les quelques voitures qui passeront nous prendront, car on n'a ni eau, ni nourriture. Une première voiture nous ignore, puis deux filles acceptent de nous emmener jusqu'à la 299 (elles continuent vers le nord ensuite). Elles n'ont pas vu les caribous. Sur la route de terre qui mène à la 299, on recroise et on double la voiture qui nous était passée devant, arrêté, son chauffeur en train d'aider des allemands à remonter une roue. Le karma, mec !
Sur la 299, on trouve facilement un couple franco-québecois  qui nous déposent sur la 132, puis une dame nous dépose chez Sylvain. Encore trois jours et on file à l'ouest.

Commentaires

  1. Toujours contente de te Lure et d'avoir les nouvelles en détail. Bisous

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