La vallée de l'Okanagan (2) 19 au 21 octobre
19/09
Réveil à 6h50. Nos amis partent dans les vergers et descendent dans la vallée désormais illuminée. Nous admirons la vue : Oliver, des vignes... C'est l'image que je me fais d'un paysage californien : collines oranges, cactus, petits buissons.On est déposé au Tim et je regarde le groupe de cinq vans quitter le parking en file indienne. Pas de prise, dommage, on n'a plus de batterie. J'essaie d'écrire mais mon cerveau est trop embrumé.
On continue vers le sud. Une antiquité de 1979 s'arrête. Son conducteur va travailler chez son viticulteur : il analyse les fûts... Il essaie de retaper sa voiture à l'origine. Il a grandi en Inde et est arrivé au Canada il y a quelques années. Il nous dépose au milieu des vignes, à 10km seulement d'Osoyoos.
Les alentours sont magnifiques, mais après une heure d'attente on en a marre. On flippe surtout : est ce que c'est fini? Est ce qu'on va devoir de nouveau attendre des heures? Je saisis un bout de carton qui traîne dans nos sacs et j'écris Osoyoos. C'est pour dire si je suis désespéré (je n'aime pas faire de l'autostop au carton). Immédiatement, une voiture fait demi-tour. La conductrice est la propriétaire d'un domaine.
A Osoyoos, on achète des pâtes, un nouveau chargeur (on n'arrête pas de les perde ou de les casser) et on déambule dans la ville. Située tout au sud de la vallée de l'Okanagan, juste à côté des États-Unis, il s'agirait de la commune la plus chaude du Canada. Certaines maisons sont caractéristiques du Mexique. Enfin, d'après ce que l'on nous a dit, il s'agit globalement d'une ville de retraités.
On finit au centre communautaire. Steve nous avait appris qu'il était généralement possible d'y prendre des douches à un prix raisonnable. Et on est encore crevés. A l'accueil, on nous apprend qu'il faudra attendre plusieurs heures à cause d'une réunion dans la gymnase. En effet, une centaine de personnes y discutent de la gestion des cottages autour du lac.
On se pose à la bibliotheque dans le centre. Elouan va manger pendant qu'avec une joie d'enfant, je feuillette Tintin et l'oreille cassée. Je demandais préalablement à la documentaliste s'ils avaient des BDs (comics), mais ils n'avaient ici que des mangas ou ce que j'appelle des comics (Batman, Superman, X-Men...) dont les graphismes et l'histoire me plaisent moins. Tintin remarque que l'oreille du Fétiche rapportée au musée est intacte et je déchiffre lentement la suite de ses aventures.
On change avec Elouan. Il ne nous reste presque plus rien à manger. Je découpe le pot de beurre de cacahuète pour bien tartiner le fond et ne pas en laisser une miette. On me regarde un peu bizarrement. Puis, je vais nettoyer l'opinel dans les toilettes remplies - pause de la réunion - mais personne ne se pose de question. On reste trois heure à la bibliothèque puis on se douche.
On a envie de partir vers l'est sur la route 3 qui longe la frontière puis remonte vers Golden dans les Rocheuses. Mais on attend beaucoup en sortie d'Osoyoos et on ne trouve qu'un ride d'une trentaine de km. Le chauffeur s'arrête pour que l'on puisse admirer la vue. C'est un Canadien originaire du Ghana. Il aimerait éventuellement vivre en Afrique, dont il se sent proche. Il prend gentiment le temps de trouver un endroit ou l'on peut planter la tente, puis part dîner chez un ami. On campe au milieu des pins et on se cuisine une casserole de pâtes. Il faut bien utiliser le rechaud qui n'avait pas encore servi.
Vers le nord d'Osoyoos
Vers l'ouest
Notre campement
On se lève dans l'idée de continuer vers l'est mais il y a peu de trafic. On s'en retourne vers Osoyoos avec comme objectif d'aller au cinéma pour regarder Zombiland 2. Don et Heather nous le permettent. Il s'agit d'un couple d'une soixantaine d'années qui va faire ses courses à Oliver. On parle énormément du Royaume-Uni ou ils se sont rendus plusieurs fois. On sent dans leur discours une petite méfiance envers le Québec. Arrivés à Oliver, ils nous invitent à venir petit déjeuner au A&S. Oui, on a déjà déjeuner, mais on ne refuse pas. On teste donc cette chaine de restauration rapide que l'on a souvent croisée. On parle de sport et on leur raconte l'histoire de Paul Higgins.
Don et Heather
New shoes
Dans la salle, je pense n'avoir jamais autant savouré regarder des bandes annonces ou des pubs. Nos portables chargent, nos sacs à dos sont posés sur des sièges, on se marre. En plus, il y a Emma Stone.
Quand on resort, il pleut. On se pose sur la 97 pour redescendre vers le sud mais personne ne s'arrête. On change de spot, on retente, mais j'ai froid et j'en ai marre d'attendre sous la pluie. Et la nuit va tomber. En face d'un Tim Hortons, il y a y pont. Je propose à Elouan d'aller se reposer avant d'aller dormir sous le pont. L'expérience ultime de la galère. On reste de 18h30 à 22h30 au Tim à regarder Friends et à faire de nombreuses demandes d'hébergement Couchsurfing sur Vancouver et Victoria. On grignote aussi.
On plante la tente sous le pont à côté d'une piste cyclable. On dîne vite fait et on ferme les yeux. C'est à ce moment qu'un mec - que l'on avait croisé plus tôt au Tim, l'air halluciné, la morve qui coule de son nez vers sa bouche, à qui on avait feint de comprendre ce qu'il nous disait - nous appelle. On ne comprend toujours pas ce qu'il nous dit, on monte un peu en pression et on lui fait comprendre que tout va bie et qu'il peut partir. A cause de cet échange, je ne serai pas serein de la nuit.
Pire nuit
21/09Réveil à 6h30 avec le lever du soleil. On file se réchauffer au Tim. C'était notre dernière nuit dans la vallée de l'Okanagan. On va essayer de repartir vers l'Ouest. On marche vers le nord et on pouce. Un chauffeur routier nous mène vers l'insertion de la 97C vers l'ouest. On s'y pose et on regrette qu'il n'y ai que peu de trafic. Les habitants de Pentincton ont une autre route qui mène à Vancouver vers le sud. De l'autre côté de l'autoroute par contre, les voitures qui arrivent de Kelowna sont nombreuses à prendre la 97C mais impossible de faire du stop sur cette insertion : elles arrivent trop vite et il n'y a pas de place pour s'arrêter. On persiste sur notre insertion, sous la pluie. Derrière des poteaux métalliques qui soutiennent un pont, un minuscule espace reste sec. Les sacs y sont déposés et on se relait. Elouan arrête une voiture qui se gare à ma hauteur. Je sors de mon refuge et hé rencontre un conducteur contrarié.
- Je me suis arrêté pour une personne. Tu t'es caché, ce n'est pas juste.
J'essaie de lui expliquer que j'essayais plutôt de m'abriter. Il est sacrément emmerdé parce qu'il ne veut pas nous laisser sous la pluie. C'est en lâchant quelques "Fuck" qu'il finit par nous laisser monter. Je monte devant. Il veut nous déposer à Merritt bien qu'il aille jusqu'à Vancouver. Il préfère voyager seul dit-il. Je lui demande s'il préfère conduire silencieusement et il me répond oui.
On grimpe et la neige recouvre rapidement les arbres et la route. J'attends. Je me tiens droit sur mon siège, les jambes croisés et les mains jointes, détendu. Puis il pose une... deux... trois questions. La discussion s'engage et arrivé à Merritt, il n'est plus question que l'on descende. On sera à Vancouver ce soir. On s'arrête simplement prendre un café au Drive de McDo. On retraverse une chaîne de montagne, visite Hope, où a été filmé le premier Rambow, et où habitait le grand-père de notre conducteur, qui essaie en vain de retrouver sa maison.
Avec notre premier conducteur, en remontant vers Kelowna.
Sous la pluie, sur la route de Vancouver






Encore une étape. Vous devez avoir hâte d'être au chaud et dans un bon lit même si vos rencontres sont enrichissantes. Cosma est passé hier soir. Il va bien et très heureux d'avoir connu le Cotentin. Gros bisous
RépondreSupprimerDe plus en plus baroudeurs, mais ça avance !
RépondreSupprimerJe préfère ne pas imaginer les longues heures d'attente sous la pluie .
J'espère que vous ne sentez pas trop le chien mouillé pour les conducteurs qui ont la gentillesse de s'arrêter .
Comment va le moral ?
Des hauts et des bas je suppose .
En espérant que vous avez trouvé un lit depuis je vous dis hardis les gars et bon vent .
Bizzz aux 2 grands gaillards