Portland - San Fransisco (1) - 21 au 23 décembre

21 décembre -
Dernier réveil à Portland. Il pleut, a va être dur. On ne se presse pas. Lee se lève pour nous dire au revoir.
On fait quelques courses, puis on prend un tram et un bus, et on tend le pouce sur une insertion qui mène vers l'Ouest et la côte. On attend deux heures... avec une pancarte qu'on finit par abandonner. Finalement, Jeff s'arrête. Il a une moustache rousse, une casquette et paraît plus jeune qu'il ne l'est vraiment. Il va deux villes plus loin mais pour nous aider nous dépose à Banks où la route devient une deux voies. On est les premiers autostoppeur qu'il fait monter dans sa voiture. Il nous offre une boîte de cookies verts chimiques de noël qu'on avale vite malgré le goût.
A Banks, on est déjà proche de la fin de la journée. C'est le solstice, le jour le plus court de l'année. Par contre il ne pleut plus. Un homme freine, se gare. Il se rend à Oceanside, sur la côte, et passe à Tillamook ou se trouve la jonction avec la 101.
Il va réparer la télévision de ses parents, bien qu'il soit persuadé qu'elle marche et qu'il suffit de manipuler un peu la télécommande pour la faire fonctionner. Je lui dis :
-  Ils ont peut être envie de te voir.
- C'est une possibilité, il me dit en souriant.
On parle aussi de ses enfants, de son fils de 21 ans, autiste, et de sa fille qui vient d'obtenir son diplôme pour devenir charpentière. On traverse les bois encerclés par les rivières en crue. Certains arbres sont blancs, recouverts de moississure.
On décide de continuer avec lui pour dormir sur la côte. Le coucher de soleil est magnifique : le ciel est entièrement rouge, puis seulement les parties du sable encore trempée par la marée. "C'est comme de la lave" nous dit un homme. Comme d'habitude sur cette côte, trois corps rocheux imposants émergent de l'eau.
On trouve où planter la tente, entre quelques maisons. On mange, on lit, on se couche vers 8 heures.

22 décembre - On doit rejoindre Tillamook, a quelques kilomètres. On pouce mais un bus s'arrête. Seulement 1,50$.
A Tillamook, on se poste en sortie sud de la ville. Un couple nous propose de monter à l'arrière de leur pick-up mais je refuse gentiment. Elouan est déçu. Entre-temps, on se prend notre premier doigt d'honneur. Après 1h30 d'attente, un homme, plutôt jeune, nous propose de nous emmener à Pacific City, à 20 miles. Il a fait du stop avec sa femme en Californie pendant 6 mois, travailant parfois dans des fermes de cannabis, ce que tout le monde semble faire ici. Il est fan de soccer et on parle de joueurs français, du club d'Arsenal. L'endroit où il nous dépose est idéal, devant un troupeau de veaux bien curieux. On nous propose encore de nous déposer à l'arrière d'un pick-up.

45 minutes plus tard, une voiture bleue s'arrête, Ayoub, côté passager, nous filme avec son portable. Le conducteur s'appelle également Ayoub. Ce sont deux marocains installés au Canada qui font un road trip de deux semaines  sur la côte Ouest.
On passe l'après-midi avec eux, à parler en francais, de leur situation au Canada, du Maroc, de la musique. On s'arrête au Thor's Well, un trou dans la roche dont l'eau portée par les vagues est éjectée. Ayoub filme tout avec un stabilisateur, ce qui lui permet de prendre de superbes vidéos, sans acous.



On va manger dans un McDO, puis à un moment, Ayoub passager propose d'arrêter de conduire et de trouver un endroit où passer la nuit, mais Ayoub trouve qu'ils n'ont pas assez avancé. Finalement, ils nous déposent à un parc devant un lac et filent vers Eurêka.
On plante la tente, fume en écoutant de la musique. On lit, toujours Anna Karenine et Elouan John Fabre. Il se marre.
23 décembre -
Superbe journée ensoleillée, on veut voir la mer. On est surmotivés.

On se fait offrir le café par une dame au fort accent dans une petite station service. Cherry nous prend en stop avec son père et deux chiens. Elle a vécu sans logement pendant plus d'un an. Son père est un peu provocateur et parle sans arrêt de champignons hallucinogène. Il en sort un finalement devant nous et Cherry râle. Quand on leur demande si ils prennent souvent des autostoppeurs, ils nous disent ne pas avoir peur et nous montrent leur machette. En rigolant bien sur. Ils nous préviennent de faire attention aux gangsters en Californie du Nord et nous posent en sortie de Coos Bay.

Là, un jeune nous offre du carton pour qu'on refasse une pancarte et nous avancé sur un soir magnifique au milieu des marais. Bill s'arrête dans son gros pick-up. On jette les sacs à l'arrière et on monte. C'est un vétéran du Missouri installé en Oregon à Bandon depuis un an est demi. Il travaille désormais pour une scierie. Il prend le temps de nous montrer la côte, la digue, le phare. Il nous montre la maison qu'ils louent avec sa femme et vont quitter avec regret, car ils achètent. 
Il nous pose devant un centre commercial, nous demande si on a besoin d'argent. On répond non et il repart. 



On s'essaie à différent spot en sortie de ville, on galère, on attend. Même le soleil ne parvient pas à nous rendre de bonne humeur parce qu'on espère passer du temps sur la plage au soleil, et on sait que la nuit tombe vite. 
Finalement, un pick-up nous propose de monter derrière. C'est le troisième qui nous propose depuis que l'on est en Oregon. J'avais toujours refusé et Elouan faisait la gueule. Nos conducteurs, dont le passager est bien pété, nous disent pouvoir nous emmener à la plage. L'envie est trop forte, on embarque. 
Je m'allonge pour me cacher et Elouan est tranquillement assis contre l'arrière de la cabine. Le passager fait tourner une cigarette. Cela rend le moment encore plus intense. Je me sens fragile, allongé, je regarde la cime des arbres qui défilent et la lumière qui passent en rayon au travers des branches. 
Après une demi heure, on arrive enfin. J'emerge, je decouvre notre passager tout souriant, et derrière lui une plage de sable magnifique, parsemée de roches... On dit merci. 
On a le temps de boire une bière devant le coucher de soleil, puis on part planter la tente. Les gens sur la plage nous indiquent quelques endroits et nous préviennent de nous méfier de la marée. On slalome entre les roches, prend plusieurs vidéos et photos. Puis on s'installe en hauteur. 





Commentaires

  1. Coucou les loulous: quelle production intense, on est presqu'en direct. Bisous. Votre fan préféré.

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  2. Hey ! Je suis la 2ème fan !!!!!

    Toujours un plaisir de vous lire, de voyager par procuration et de suivre vos périples...

    Bises à vous deux. Pat

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